ALAIN CHAMFORT – 1979

 

SÉLECTION PERSONNELLE

L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

ALAIN CHAMFORT

POSES – 1979

Alain Legovic a eu plusieurs carrières. Pianiste de Jacques Dutronc dans les sixties, il est pris en main par Claude François – et rebaptisé Chamfort – au début de la décennie suivante. Il devient à cette occasion le prototype du chanteur de variétés pour minettes. Frustré par ce qu’il chante, il quitte Clo-Clo en 1976, signe sur CBS et décide de réorienter sa carrière. Le premier album du nouveau Chamfort est un échec commercial, ainsi que le suivant, « Rock’n’Rose », paru en 1977, malgré l’aide de Serge Gainsbourg qui en a écrit les textes (dont le magnifique Baby Lou, repris par Lio puis par Jane Birkin).

Les deux hommes se retrouvent en 1979 pour « Poses », sur lequel Gainsbourg signe trois textes : Démodé, Bébé Polaroid et surtout Manureva, énorme succès qui marque le (premier) grand retour de Chamfort en lui conférant une crédibilité nouvelle.

L’album est une réussite à tous les niveaux. Enregistré à L. A. avec les meilleurs musiciens américains du moment, il offre un son synthétique résolument moderne – on parlait alors de techno-pop – qui évoque les productions de Giorgio Moroder, notamment les excellents disques des Sparks. Plusieurs titres sont de véritables classiques, en particulier le très beau Palais Royal (écrit avec Jay Alanski) à la mélodie ensorcelante, ou Géant, superbe déclaration d’amour de Chamfort à sa fille. Enfin, il y a la voix étonnante du chanteur, qui monte très haut dans les aigus avec une vulnérabilité touchante, qui fait plus qu’évoquer le rêve californien des Beach Boys, mâtiné de Supertramp – c’est l’année de « Breakfast in America » – notamment sur Toute la ville en parle. Chamfort s’essaye même à chanter en Anglais avec Let Me Try Again, un texte de Jane Birkin.

A l’arrivée, cet album, par son côté léché et américain, s’élève largement au dessus des productions de la variété française de l’époque. Les radios ne s’y trompent pas, qui diffusent en boucle plusieurs de ses titres. Et le miracle se reproduit deux ans plus tard : le duo Gainsbourg-Chamfort remet ça avec « Amour année zéro », qui contient les classiques Bambou, Chasseur d’ivoire et Malaise en Malaisie. En ce début des eighties, Chamfort, au sommet de sa gloire, devient ainsi le parrain de la nouvelle variété française dont les figures emblématiques s’appellent Étienne Daho ou Lio.

 

Ecoutez l’album « POSES» d’Alain Chamfort

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE