ALAIN SOUCHON – 1977

 

SÉLECTION PERSONNELLE L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

ALAIN SOUCHON

JAMAIS CONTENT – 1977

Au début des années 1970, les premiers 45 tours d’Alain Souchon, lancé comme un chanteur romantique légèrement décalé, n’obtiennent aucun écho. Un jour, son directeur artistique chez RCA, Bob Soquet, le présente, dans un couloir, à un jeune guitariste-chanteur nommé Laurent Voulzy, que la maison de disque à signé sans trop savoir qu’en faire. Ensemble, ils vont écrire quelques-unes des meilleures chansons de la fin des seventies et au-delà. Les textes tendres et caustiques de Souchon capturent à merveille un air du temps désenchanté que les musiques de Voulzy, véritable orfèvre pop héritier des Beatles et des Beach Boys, catapultent en tête des hit-parades sans avoir l’air d’y toucher.

Souchon enchaîne ainsi pendant quelques années une impeccable série de tubes, qui commence avec J’ai dix ans (au riff de guitare pompé sur le Bip Bop de McCartney !) sur son premier album, suivi de S’asseoir par terre et Bidon (clin d’œil appuyé au rockabilly) sur le deuxième, en 1976. Mais, c’est avec « Jamais content », l’année suivante, que le chanteur va à la fois toucher le gros lot et entrer dans l’histoire.

Cet album fait en effet partie de cette rare catégorie de disque dont quasiment tous les titres sont passés dans l’inconscient populaire. Il y a bien sûr les quatre grands succès sortis en 45 tours : Allô maman bobo (chanson emblématique des « nouveaux hommes », faibles et sensibles, et expression passée dans le langage courant), Poulailler’s Song (sa face B, tout aussi connue), Y’a d’la rumba dans l’air et Jamais content. Mais J’ai perdu tout ce que j’aimais, Dix-huit ans que j’tai à l’œil ou La P’tite Bill elle est malade (sublime ballade piano-voix due à la seule plume de Souchon) sont tout aussi réussis et populaires.

Aux cotés du chanteur faussement désabusé, derrière, devant, Laurent Voulzy est partout, il compose les musiques, arrange, dirige l’orchestre, joue de la guitare, assure les chœurs. Ces deux hommes forment un tandem de rêve, avec leur amitié indéfectible (toujours pas fâchés plus de trente ans plus tard) et leur complicité artistique miraculeuse : chacun mène sa propre carrière tout en participant à celle de l’autre. Un véritable idéal communautaire à deux ; cet album est indéniablement leur chef-d’œuvre.

 

Ecoutez l’album « JAMAIS CONTENT »

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE