BENJAMIN BIOLAY – 2001

 

SÉLECTION PERSONNELLE L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

BENJAMIN BIOLAY

ROSE KENNEDY – 2001

Doté d’une solide formation classique, Benjamin Biolay s’essaie au rock dans les années 1990 au sein de divers groupe, avant de se faire remarquer comme compositeur, arrangeur et producteur pour d’autres artistes. Il collabore ainsi avec Hubert Mounier, son ami, ex-chanteur de L’Affaire Louis Trio, avec Isabelle Boulay et surtout – aux cotés de Keren Ann – avec Henri Salvador pour l’album de son grand retour, « Chambre avec vue ». Celui-ci propulse Biolay sous les feux de la rampe avant même la sortie de cet excellent « Rose Kennedy », qui ne fait que confirmer l’impression générale : la chanson française tient là un de ses futurs grands.

Oh, bien sûr, ce n’est pas un chanteur à la Garou… On est ici dans un registre intimiste et mélancolique, sa voix susurrée touche par sa proximité plutôt que par sa puissance. Dès le premier titre, Novembre toute l’année, démarré piano-voix avant l’entrée de la rythmique et de cordes sublimes, on se retrouve conquis par cette vraie chanson de pluie, d’une tristesse insondable, magnifique.

Biolay est un impressionniste de la chanson, les évocations du clan Kennedy de cet album concept sont suggérées, comme autant de touches pastel qui laissent l’imagination filer sur des mélodies et des arrangements de toute beauté. Mais le sujet n’est pas choisi au hasard et donne matière à des textes profondément nostalgiques, comme sur Les Cerf-Volants, presque un tube, porté de nouveau par de somptueuses envolées de cordes. Juste retour d’ascenseur, Keren Ann signe ici un texte et trois musique, et Henri Salvador joue de la guitare sur le très jazzy La Mélodie du bonheur : le top !

On peut évidemment déceler de nombreuses influences comme celle, omniprésente, de Gainsbourg et de son « Histoire de Melody Nelson » – sur Rose Kennedy – ou de Paul McCartney, pour les mélodies et les parties de basse très travaillées, mais Biolay possède réellement une patte très personnelle.

Cet album classe et touchant remportera la victoire de l’album découverte en 2002. Mais si Biolay est encensé par la critique et reconnu par ses pairs, son succès populaire sera long à venir : « Rose Kennedy » sera certifié disque d’or en… 2008 ! Et restera sa plus grosse vente jusqu’à « La Superbe », en 2009, qui lui vaudra deux nouvelles victoires (albums et interprète) et un vrai début de consécration auprès du grand public.

 

Ecoutez l’album « ROSE KENNEDY » de Benjamin Biolay

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE