CHARLÉLIE COUTURE – 1981

 

SÉLECTION PERSONNELLE 

L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

"Delrine Site Officiel Mes Disques Repères : CHARLELIE COUTURE"

CHARLÉLIE COUTURE

Poèmes rock – 1981

Après deux albums autoproduits – où il n’utilisait pas encore systématiquement cette voix nasale qui fera tout son charme (« Douze chansons dans la sciure… », 1978 et « Le Pêcheur », 1979), Charlélie Couture est le premier chanteur français signé chez Island, le légendaire label de Chris Blackwell, découvreur et producteur de Bob Marley (entre autres). « Pochette-Surprise » sort en 1981 : enregistré aux fameux studios du château d’Hérouville et mixé aux Bahamas, il contient l’excellent Les Anglais en vacances (dont une version différente figurait déjà sur son premier disque). Prolifique et créatif, le Nancéen publie cette même année ce qui reste son plus gros succès, « Poèmes rock », enregistré cette fois à New York, où l’on retrouvera son premier grand tube, Comme un avion sans aile.

Comme touché par la grâce, Charlélie Couture enfile les perles : l’album est un véritable défilé de chansons formidables, de la première, La Ballade de Serge K, du vrai rock en français, sombre et prenant, aux guitares sublimes, à la dernière, Le Fauteuil en cuir (combien de temps), alternant avec maestria couplets à la violence contenue et refrains explosifs. Entre les deux, aucun temps mort, Charlélie pose ses mots de poète fasciné par la solitude et la déchéance – on sent l’influence de Kerouac et de la Beat Generation – sur des rythmiques rock inouïes dans la chanson française de l’époque (Oublier). Le sommet est atteint avec L’histoire du loup dans la bergerie, merveille d’alchimie entre un texte très visuel, une musique bringuebalante à souhait et une interprétation sur le fil : une réussite proche de certaines ballades jazzy déjantées du génial Tom Waits.

Ce coup de maître sera récompensé par un beau succès commercial (certifié disque d’or) et critique, puisqu’il se verra décerner le très rock Bus d’acier 1982 (après Alain Bashung, premier lauréat, l’année précédente) et le prix rock français de la Sacem.

Enregistré au mythique Electric Lady Studio de New York construit par Jimi Hendrix juste avant sa mort, cet album est l’œuvre d’un gang de rockers new-yorkais qui donnent aux chansons un coté brut et authentique qui manquent souvent aux productions frenchies. Le disque est coproduit par Michael Zilkha, fondateur avec Michel Esteban de Ze Records, célèbre label de la fin des seventies qui publie alors tout ce que la grosse pomme compte d’artistes novateurs et branchés, de James White à John Cale en passant par Suicide et Kid Creole & The Coconuts. C’est d’ailleurs le pianiste de ces derniers qui interprète la superbe partie d’orgue de Comme un avion sans aile.

 

Ecoutez l’album « Poèmes rock » de Charlélie Couture

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE