ÉTIENNE DAHO – 1991

 

SÉLECTION PERSONNELLE L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

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ÉTIENNE DAHO

PARIS AILLEURS – 1991

Avec cet album très réussi, Daho négocie à la perfection le virage des années 1990. Après avoir exploré à fond la new wave synthétique puis la pop d’inspiration anglaise, il évolue avec son époque – sans suivisme, mais avec un sens du timing proche de celui de Gainsbourg – et intègre intelligemment les nouveaux rythmes dance qui vont bientôt déferler sur le monde entier.

Tout ici est affaire d’équilibre : le disque est enregistré à New York avec des musiciens du cru, mais la direction musicale et les guitares sont assurées par sa talentueuse complice Édith Fambuena, des Valentins.

Plusieurs titres lorgnent donc avec bonheur vers un certain rhythm’n’blues chaloupé, tels Comme un igloo ou Toi + Moi avec leurs cuivres soul et leurs guitares funky, où l’étonnant Des attractions désastres qui ouvre l’album, essai concluant de poésie spontanée sur des arrangements quasi gospel. Mais Daho possède aussi un style caractéristique, une pop mélodique posée sur une rythmique rock dominée par les guitares. Il y revient sur deux morceaux appelés à devenir des standards de son répertoire, Saudade et Un homme à la mer, qui n’auraient pas été déplacés sur son album précédent, l’excellent « Pour nos vies martiennes ».

 L’album dans son ensemble possède une grande maturité. Les textes, notamment, prennent une nouvelle ampleur. Daho joue avec les mots, multipliant allusions sexuelles et évocations de voyages dans des villes cosmopolites, qui laissent deviner l’influence qu’ont pu avoir sur lui de grands auteurs beat comme William Burroughs.

Enfin, il nous séduit définitivement avec deux spécialités bien à lui : une reprise de Françoise Hardy, La Berlue (extraite du même album de 1972 que Et si je m’en vais avant toi) et Les Voyages immobiles, un imparable slow à la mélodie qui tue, tradition initiée avec Heures hindoues et qui se poursuivra avec Le Premier Jour du reste de ta vie.

 

Ecoutez l’album «  PARIS AILLEURS  » d’Étienne Daho

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE