JEAN-FRANÇOIS COEN – 1993

 

SÉLECTION PERSONNELLE L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

jEAN-FRANÇOIS COEN

jEAN-FRANÇOIS COEN – 1993

Ce garçon n’est pas un inconnu pour qui a cru à l’explosion d’un certain rock français à l’aube des années 1980, emmené par les Stinky Toys, Marie et les Garçons ou Modern Guy, groupe dans lequel Coen œuvrait comme bassiste et compositeur. Le genre de groupe qui possédait une certaine idée du rock, classe et déjanté, et qui enregistra son unique et superbe album à New York avec le mythique John Cale.

Dix ans plus tard, la page est tournée. Mais l’histoire de Jean-François Coen est aussi celle de la fidélité. À ses valeurs, à ses amis, à la musique. On le retrouve ainsi aux côtés de Mirwais, au sein de Juliette & les Indépendants, groupe injustement sous-estimé, puis sur son album solo.

Une fois l’horizon éclairci, Jean-François sort ce magnifique premier disque solo, une belle surprise au charme insidieux. On y trouve deux titres écrits avec Guillaume (chanteur de Modern Guy), l’ami disparu, à qui l’album est dédié : Camille, touchante évocation de Brigitte Bardot dans Le Mépris, et La Tour de Pise, sublimement mis en image par Michel Gondry, pour l’un de ses premiers et de ses meilleurs clips. Parmi les autres sommets du disque figurent l’excellent Roy Bean et le caustique Un film snob pour martien.

On retrouve évidemment aux côtés de Coen quelques fidèles comme Hervé Zénouda (batteur des Stinky Toys), Yahn Lecker (guitariste de Modern Guy, puis de Lio), la chanteuse Robert, la dessinatrice Olivia Clavel. Mais Jean-François assure seul la production, désireux de réaliser un disque fidèle à sa vision musicale.

Qu’on ne vienne pas nous parler de Daho et autres : s’il faut des références, allons plutôt les chercher du côté de Gainsbourg ; en fait, tout dans cet album – mélodies, paroles, arrangements – est personnel et original, sans ces angoisses de style qui plombent le rock français depuis des décennies. Du talent pour écrire, arranger et chanter – d’une voix douce et caressante – avec une pincée d’humour distant, un zeste de spleen léger : voilà le style. Que le résultat soit une superbe ballade acoustique où un audacieux mélange de samples et de guitare classique importe peu. Une poignée de bonnes chansons, aux mélodies accrocheuses, enregistrées sans aucune faute de goût, c’est rare et précieux.

Anecdote : cet album, encensé par la presse, fut victime d’une sombre erreur de code-barres, fatale à son succès annoncé et mérité : il était indisponible quand tout le monde voulait l’acheter ! Jean-François construisit alors son propre studio, s’équipant du matériel le plus sophistiqué, puis conçut et réalisa seul de bout en bout son second album, « Vive l’amour », dont la pochette s’orne au recto… d’un énorme code-barres.

 

Jean-François Coen –  » La Tour de Pise » – extrait de l’album  » Jean-François Coen  » – 1993

Jean-François Coen –  » Ton marin  » – extrait de l’album  » Jean-François Coen  » – 1993

Jean-François Coen –  » Pépita  » – extrait de l’album  » Jean-François Coen  » – 1993