JEAN-LOUIS MURAT – 1989

 

SÉLECTION PERSONNELLE L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

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JEAN-LOUIS MURAT

CHEYENNE AUTUMN – 1989

Jean-Louis Murat est, avec Bashung, l’un des plus grands artistes apparus dans les années 1980. Après avoir lui aussi réalisé un véritable parcours du combattant au cœur du vieux show-biz français des seventies, il sort en 1981 son mythique premier 45 tours, Suicidez-vous le peuple est mort, censuré en pleine ascension. Il faudra une demi-douzaine d’années à Murat pour prendre sa revanche, avec les hits Si je devais manquer de toi et Le garçon qui maudit les filles, tous deux présents sur cet album, « Cheyenne Autumn », le premier qui lui ressemble vraiment.

En cette fin des années 1980 dominée par la variété de pacotille et le Top 50, riche en rock mais relativement pauvre en chanson française de qualité, Murat apparaît comme un sauveur, mais aussi un indécrottable original – provincial, râleur, ingérable, inclassable -, ce qui lui interdira toujours de connaître le succès commercial d’un Francis Cabrel ou d’un Jean-Jacques Goldman, mais lui assurera le soutien de la presse branchée (Libé, Les Inrocks, etc.).

Avec sa voix incroyable, à la fois fraîche et maniérée, son timbre particulier – comme Manset, auquel on le compare souvent faute de mieux – et son accent clermontois, Murat dérange le show-biz parisien. Et avec ses textes étonnants, poétiques, écrits dans un français tour à tour classique ou cru, il intrigue et séduit le public. Il y a dans cet album un délicieux mélange d’éléments populaires et de fulgurances presque avant-gardistes. Ainsi le parti pris d’un son synthétique pourrait sembler convenu, mais Murat et ses compères Denis Clavaizolle (le talentueux multi-instrumentiste qui l’accompagne) et Christophe Dupouy (son coréalisateur) vouent à des artistes aussi hors normes que Robert Wyatt ou Mark Hollis (Talk Talk) un véritable culte qui imprègne tous les morceaux et leur confère une indéniable originalité.

Toutes les chansons de ce disque lumineux possèdent un charme fou, du tube chaloupé et faussement anecdotique Te garder près de moi à L’Ange déchu (qui sera plus tard repris par Julien Clerc), en passant par Le Venin, magnifique piano-voix tremblant d’émotion.

Cet album n’a pas seulement marqué son époque, il a acquis le statut d’œuvre intemporelle.

 

Ecoutez l’album « CHEYENNE AUTUMN » de Jean-Louis Murat

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE