WILLIAM SHELLER – 1976

SÉLECTION PERSONNELLE L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers, dont la résonance perdure et continuera ici de carillonner bien après leur apparition…

WILLIAM SHELLER

DANS UN VIEUX ROCK’N’ROLL – 1976

Certains artistes ont réellement su adapter l’esprit du rock à la chanson française, en finesse, sans en faire des tonnes. C’est le cas de William Sheller, excellent musicien doté d’une solide formation classique. Tout au long de sa carrière, Sheller oscillera ainsi avec bonheur entre variété, rock et classique. Après des débuts en fanfare avec le tube pop My Year Is a Day des Irrésistibles en 1968, il connaît l’insuccès comme chanteur, publie en 1972 un album avant-gardiste – aujourd’hui collector – « Lux Aeterna », passé totalement inaperçu de tout le monde… sauf de Barbara qui l’embauche comme arrangeur de son album « La Louve », le pousse à chanter à nouveau et l’aide à signer chez Philips.

En 1975, avec la collaboration des musiciens du groupe Alice emmené par Alain Suzan, il sort l’album « Rock’n’Dollars », conçu comme un disque semi-parodique… C’est un succès, grâce à la chanson-titre et à Photos souvenirs : l’album se vend à 500.000 exemplaires et Sheller se retrouve propulsé star des hit-parades !

Il confirme l’année suivante avec ce splendide « Dans un vieux rock’n’roll ». Sheller est alors en phase avec l’époque qui, des Beach Boys à John Lennon, se tourne avec nostalgie vers les débuts du rock : ses hommages humoristiques sonnent formidablement bien et font de lui un des fers de lance de cette « nouvelle chanson française » qui puise allègrement dans la musique anglo-saxonne (Michel Berger avec Mon fils rira du rock’n’roll, Laurent Voulzy avec Rock collection, etc.).

Mais l’album va bien plus loin que le simple revival évoqué par sa chanson principale, puisqu’il contient, dans un autre style, un deuxième tube entraînant et superbement écrit, Le Carnet à spirales, ainsi que de très belles ballades magnifiquement arrangées comme C’est l’hiver demain, Genève, A qui je m’abandonne ou Une chanson qui te ressemblerait.

En 1977, Sheller publie le dernier volet de sa trilogie, « Symphoman » (avec l’étonnant Hey ! Docteur Disco), puis, lassé du cirque show-biz, fait un break avant de revenir trois ans plus tard avec l’impeccable « Nicolas » (Oh ! J’cours tout seul, Fier et fou de vous). A partir de là, s’éloignant définitivement de son image de vedette seventies pour devenir un musicien réellement respecté, il n’en fera plus qu’à sa tête, enregistrant tour à tour avec des orchestres symphoniques, des quatuors à cordes, des groupes de rock ou… seul au piano.

 

Ecoutez l’album DANS UN VIEUX ROCK’N’ROLL

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE