YVES SIMON – 1973

SÉLECTION PERSONNELLE

L'ouvrage "LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE" de Gilles Verlant et Stan Cuesta est mis à l’honneur dans les pages "LECTURES" de ce Website via quelques fragments choisis, expositions orientées, chroniques d’albums familiers dont la résonance perdure.

 

 

 

 

 

 

YVES SIMON

AU PAYS DES MERVEILLES DE JULIET – 1973

Yves Simon se fait connaître à peu près au même moment que Maxime Le Forestier, auquel on le compare souvent à ses débuts : tout aussi barbu, il effectue lui aussi des premières parties de Brassens en 1972, avec une musique inspirée du folk américain. Mais son style s’avère vite différent, à la fois plus rock et plus littéraire. Accompagné par un excellent groupe, il enregistre ce premier album qui lorgne franchement vers la musique américaine de l’époque. Le folk et le rock nourrissent ses textes (il cite Dylan et le Jefferson Airplane), tout comme le cinéma, une de ses grandes sources d’inspiration.

Il obtient d’ailleurs un premier grand succès avec Au pays des merveilles de Juliet, chanson accrocheuse, légèrement surréaliste, dédiée à l’actrice Juliet Berto (Sur les vieux écrans de 68 / Vous étiez chinoise mangeuse de frites.) La capitale inspire également quelques beaux titres à cet amoureux de Paris (Les bateaux du métro, Rue de la Huchette).

Il se singularise immédiatement par son style à la fois poétique et nostalgique, sa voix douce et fragile, et sa diction presque parlée, qui créent un sentiment de proximité avec l’auditeur et feront de lui l’un des chanteurs romantiques favoris des chambres des filles…

Mais il est bien plus que ça. Sa fascination pour l’Amérique se traduit dans sa musique – un délicat folk-rock aux guitares subtiles – mais également dans ses textes, où l’on sent l’influence de la Beat Generation et de Bob Dylan, notamment dans Les Gauloises bleues, une des plus belles chansons du disque.

Ses trois albums suivants, tout aussi réussis, exploreront la même veine, contenant toujours au moins un hit léger, entêtant, à l’écriture originale et imagée :  sur « Respirer, chanter » ce sera J’ai rêvé New York, sur « Raconte toi », Les Héros de Barbes et Le Film de Polanski (confirmant son double attachement à Paris et au cinéma) et sur « Macadam », Les Fontaines du casino. 

Par la suite, Yves Simon modernisera son style, avec de nouvelles chansons aux arrangements plus électroniques (l’album « USA/USSR » en 1983, qui contient le tube Amazoniaque), et un nouveau look (exit la barbe), sans jamais sembler souffrir d’un quelconque passage à vide. De l’avantage d’être un artiste (un vrai)

 

Ecoutez l’album « Au pays des merveilles de Juliet » d’Yves Simon

 

Chronique extraite de l'ouvrage LA DISCOTHÈQUE PARFAITE DE LA CHANSON FRANÇAISE de Gilles Verlant et Stan Cuesta - 2011. Editions FETJAINE